Histoire de l'erhu

Le Er Hu est l'instrument à cordes frottées le plus ancien de Chine. Les chroniques rapportant l'existence du Er Hu datent de la dynastie Song (420-479), où il était appelé Hu Qin (instrument des Hu) ou Nan Hu.

Les livres suggèrent que l'ancêtre de cet instrument est le Xi Qin, originaire des régions Nord et Ouest de la Chine, où son histoire remonte vraisemblablement à l'époque des Printemps et Automnes (722-481 av JC).


La raison pour laquelle il a été nommé Er Hu est la suivante : les populations situées au sud du Fleuve Jaune appelaient Hu l'ethnie située sur la rive Nord. L'instrument venant du nord et possédant deux cordes (Er=deux), il a été baptisé Er Hu.

Le Er Hu s'est largement répandu durant les dynasties Ming (1368-1644) et Qing (1644-1911). Pendant les derniers siècles, de nombreux artistes et artisans populaires (comme le célèbre Xia Zi A Bing) ont sans cesse apporté des améliorations et des innovations à l'instrument - y compris pour la technique de fabrication. On peut citer aussi Liu Tian Hua qui a produit des créations audacieuses et des compositions d'un niveau supérieur. Les " 10 compositions " de Liu Tian Hua sont toujours jouées jusqu'à ce jour et sont des passages obligés dans le cadre de l'enseignement du Er Hu.
Le Er Hu joué aujourd'hui possède une caisse de résonance hexagonale ou octogonale, obturée par une peau tendue de boa. Sur la caisse est fixé le manche, au sommet duquel deux chevilles tiennent les cordes tendues jusqu'au bas de la caisse. L'archet est fait de bambou et sa mèche en crins de chevaux est passée entre les deux cordes. La main gauche est celle qui produit les notes, sur une échelle de cinq positions tandis que la droite conduit l'archet sur les cordes.

Certaines régions exigent que l'on joue sur quatre positions seulement, et l'on entend également parfois joué le Er Quan, un instrument jouant cinq tons plus bas que le Er Hu, qui produit un son mezzo plus profond très apprécié.

Aujourd'hui les instituts de musiques proposent tous des formations au Er Hu et produisent une nouvelle génération de solistes. Les compositeurs ayant écrit des œuvres solos pour Er Hu voient leurs compositions reprises par des ensembles entiers : on peut citer les morceaux célèbres " Er Quan Yin Yue ", " Sai Ma " Le concours de chevaux, " Jiang He Shui " Les eaux du fleuve, " Shan Shu Bian Le Yang " Les arbres des montagnes ont changé, " Xin Hu Bie ", " Cao Yuan Xin Zhi Min ", " Chang Cheng Sui Xiang " La méditation de la grande muraille, etc. Le Er Hu fait désormais figure d'instrument incontournable dans tous les orchestres chinois.

Quelques détails sur le Er Hu. Le bois utilisé pour la plus grande partie de l'instrument est généralement le Hong Mu (fameux bois rouge chinois), ou bien le Nan Mu. Les cordes sont des fils en métal droit ou enroulé, et la mèche de l'archet est en crin de cheval. Les techniques d'archet et les tempos joués au Er Hu peuvent être très variés : détaché, sautillé, allegro, etc. Son son est profond et émouvant.

Le Er Hu se joue aussi bien en solo que comme instrument d'orchestre, et y figure souvent en compagnie d'instruments à cordes frottées de la même famille, tels que le Ban hu, le Jing Hu, et le Gao Hu.